Portrait d’un jeune garçon Kabye, nord du Togo

Approfondissements

La Chaîne de l’Espoir au Togo

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Reportage d’Envoyé Spécial sur une mission de La Chaîne de l’Espoir à Lomé. Outre les réparations des fentes labiales réalisées par le chirurgien Bernard PAVY & l’anesthésiste Jean MOREN, les thèmes du coût de la santé, des exclusions dont font l’objet certaines personnes “différentes”, de l’état des structures sanitaires, de l’exode des médecins… sont également abordés. Leurs actions au Togo.

Le dessous des cartes

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La fuite des cerveaux (ou l’immigration choisie) dans le domaine de la santé au détriment des États africains et de leur population. (2008)
{10 min 44 s | 15,3 Mo}

Les dérives

Les faux médicaments au Togo

Reportage de RFI au CHU Tokoin de Lomé

Diffusé le 03.07.2008 au cours de l’émission Priorité Santé sur la Prévention Transmission Mère/Enfant (PTME) {19 min 30 s | 4,46 Mo}

La Santé au Togo


On sait tous qu’il existe de grands écarts entre le niveau de vie des pays les moins avancés et celui des pays développés. Afin de mesurer ces écarts, voici une description sommaire du système de santé au Togo.

LES STRUCTURES DE SANTÉ

Pour le système de Santé, le Togo est divisé en six régions sanitaires : Lomé-Commune, Région Maritime, Région des Plateaux, Région Centrale, Région de la Kara, Région des Savanes.

Les structures de soins sont constituées de :

Compte-tenu de la population togolaise, ces ressources se divisent ainsi :

La répartition est inégale sur le territoire : la ville de Lomé regrouperait plus de la moitié des médecins (53 %), presque la moitié des sages-femmes (42 %), environ le quart des infirmiers (26 %), soit globalement le tiers (33 %) du personnel médical.
Le Togo fait partie des pays où le ratio nombre de médecins / nombre d’habitants est le plus faible. Ceci est aggravé ces dernières années par l’expatriation des médecins, en particulier les spécialistes vers les pays occidentaux, notamment européens. Plus de la moitié des médecins formés au Togo quittent le pays une fois leur formation terminée. Et ce n’est pas la politique d’immigration “choisie” de la France qui va arranger cette situation. Peut-on s’étonner ensuite de voir les Togolais vouloir émigrer dans ces pays ? (voir la vidéo ci-contre de l’émission Le dessous des cartes : “L'Afrique prend soin de l’Europe”)

Financement de La santÉ au Togo

Il n’existe pas de Sécurité Sociale au Togo. La Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) ne s’occupe que de maigres allocations (familiales, vieillesse, décès).

Le financement de la Santé n’est financé qu’à hauteur de 11 % par des fonds publiques. Le privé finance donc 89 % des dépenses de santé, dont 84 % par les ménages, 5 % par des institutions et aides diverses. Selon la Banque Mondiale, 72,2 % de la population togolaise vit avec moins de 1$ par jour.
On voit dans ces chiffres que l’accès aux soins dépend essentiellement des moyens dont dispose chaque famille.

La dévaluation du franc CFA en 1994, sans mesure compensatoire pour les Africains concernés, agravée au Togo par la crise socio-politique des années 90, a écarté beaucoup de Togolais d’une médecine de qualité. Les médicaments occidentaux n’étant plus à leur portée de beaucoup, les faux médicaments ou au mieux, des médicaments sous-dosés se trouvent à tous les coins de rue incitant les gens à pratiquer l’auto-médication. On peut les acheter à l’unité dans n’importe quelle petite boutique, à côté des oeufs, lessive, ou boîtes de concentré de tomate.

Les Togolais ne consultent pas un médecin rapidement car ils savent que le prix de la consultation et celui des médicaments ou analyses qu’il prescrira, pourra engloutir le budget mensuel de la famille. Ils commenceront par aller voir un infirmier, qui parfois ne porte que le nom, mais qui demandera tout de même d’acheter quelques produits…

Si après plusieurs jours le problème ne disparaît pas, le malade et son entourage pourront se tourner vers un tradithérapeute et laisser encore quelques deniers avec plus ou moins de succès à la clé. Comme je l’ai déjà signalé, le nombre de tradi-praticiens au Togo a beaucoup augmenté ces dernières années, contrairement au nombre de consultations des CHU, tandis que l’accès aux médicaments devenait difficile pour la grande majorité des Togolais… (voir page 23 de la thèse de doctorat de M. HOUNKPATI, Université de Lyon1, 2007)

Finalement, si ça ne va pas mieux, ils iront au CHU ou voir un médecin, à condition d’avoir pu réunir une certaine somme d’argent.

Tout cela épuise les finances déjà maigres des Togolais, qui se tournent de plus en plus vers les nombreuses églises (voir page précédente), laissant au passage encore un peu de leurs ressources financières, en espérant que leurs prières écarteront les problèmes de santé et ramèneront le Togo vers la prospérité que les moins de vingt ans ne connaissent pas. Ne l’appelait-on pas dans les années 80 “La Suisse de l’Afrique de l’Ouest” ?

QUELQUES DONNÉES STATISTIQUES SUR LA SANTÉ

 

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